24/11/2017

Dormir avec les fantômes - Caroline Legouix

Océane, une jeune ingénieure française, débarque à Montréal en pleine tempête de neige avec un fantôme dans ses bagages. Sa trajectoire personnelle croise celles de personnages qui vivent une expérience de déracinement. Il y a Lilou, une danseuse unijambiste à l'aube de sa carrière ; il y a aussi Colette, une actrice retraitée qui vit en couple avec son chat ; et un certain Victor, un technicien du son charmant mais horriblement migraineux. Océane tisse avec ces personnages qui lui semblent aussi étranges qu'étrangers des liens indéfectibles et découvre sa voie vers la résilience. 

Éditeur: de la Grenouillère 
Genre: Récit 
Parution: Septembre 2017









C'est l'histoire de Océanne, une française fraîchement débarquée à Montréal. Cette dernière est à la recherche d'un travail, mais aussi d'elle-même. Au cœur de ces quelques pages, elle trouvera tout ça, mais plus encore. L'hôtel où elle loge quelques jours est le point de départ de sa nouvelle vie: elle y rencontre des gens qui deviendront, pour certains, des alliés pour la vie. Lilou, la voisine de chambre, Colette, une ancienne actrice, et Victor le réceptionniste.

Dès la première page, j'ai eu un petit faible pour Victor. Son côté timide, mais humoristique tout à la fois m'a conquise. J'ai même trouvé cela dommage lorsque sa présence s'estompe un peu vers le milieu du roman. Lilou est la petite boule d'énergie. Dès le départ, elle égaye le texte et amène une certaine étincelle à la vie quotidienne. Elle prend les choses avec une certaine légèreté et aide les gens aussitôt que l'occasion se présente. De son côté, Colette est la doyenne. C'est une vieille femme douce qui tempère bien la personnalité plus explosive de Lilou. Pour Océanne c'est son côté maladroit qui m'a charmée, mais aussi sa délicatesse, surtout envers Colette. Tous les quatre ont un passé douloureux, de sombres souvenirs qui les hantent depuis plusieurs années. Ensemble, avec la présence de l'un et de l'autre, ils trouvent du réconfort. Ils ont des personnalités très différentes qui se complètent assez bien. Réussiront-ils à apaiser leurs fantômes pour finalement dormir en paix avec eux?

Le seul point négatif est le fait que le roman est trop court et manque donc, peut-être, un peu de gras autour de l'os. J'aurais aimé m'attarder un peu plus sur leurs démons, leur histoire, leur évolution. Dans le même sens, j'aurais aussi préféré la fin moins abrupte, plus étoffée. En fait, c'est presque qu'un point positif puisque j'ai tellement aimé les personnages que j'en aurais pris encore. Outre ces petits détails, j'ai bien aimé ma lecture et je reprendrais un peu plus de chacun d'entre eux.

Merci à Caroline Legouix
pour cette lecture 

  

20/11/2017

Le chercheur d'âme - Steve Laflamme

À force de lui faire montrer les dents, la colère transforme l'homme en animal...

On l'appelle le «Chercheur d'âme».
Chacune de ses victimes, retrouvée le visage ouvert, est porteuse d'un message qui semble narguer les policiers de l'Unité des crimes majeurs de la Sûreté du Québec. En présence d'un motif obscur, de références cryptiques et d'un mode opératoire aussi systématique qu'incompréhensible, le sergent-détective Xavier Martel ne ménage aucun effort pour mettre fin au cycle sanglant. 

Prédateur de prédateurs, celui qui a déjà goûté à la violence crue fait de cette enquête une affaire personnelle. La seule chose qu'il ne peut se permettre de perdre, c'est du temps. C'était sans prévoir que la folie du tueur et le goût âpre d'une possible défaite le précipiteraient, lui aussi, dans ses derniers retranchements.

Éditeur: Les éditions de l'Homme
Genre: Policier / Roman noir
Parution: Avril 2017







Cette semaine, avec l’automne qui s’installe bien confortablement, je vous propose un livre policier un peu sadique par moment. Le genre de roman agréable à lire devant un feu de foyer, emmitouflé dans une grosse couverture. Professeur en littérature à Ste-Foy, Steve Laflamme s’illustre très bien avec ce premier roman et démontre qu’il y a réellement du talent au Québec.

Dès la première page, le ton est donné par le style de l’auteur qui ne mâche pas ses mots. Le premier chapitre est sanglant et sans retenue, j'irais même jusqu'à dire qu'il est gore, mais cette violence n’est présente qu’en petits segments au cours du roman. Donc, cœurs sensibles, il ne faut pas s’empêcher de découvrir cette histoire simplement pour cette facette plus obscure.

L'enquêteur Xavier Martel a de sombres secrets, des démons qui refont surface et des cauchemars dans lesquels l'auteur nous plonge par des retours dans le passé. De cette façon, nous en apprenons un peu plus sur son enfance, ainsi que sur son cheminement. C'est une personne torturée, loin du personnage parfait et si charismatique et, sincèrement, ça fait du bien. Martel prend à cœur l'enquête dont il est responsable, tellement qu’il en fait une affaire personnelle. À un certain moment, Xavier a le courage de se remettre en question, dévoilant son côté plus humain, et cela nous rend le personnage encore plus réel et touchant. 

L'auteur ne laisse pas en plan le meurtrier en nous plongeant dans sa tête, ses souvenirs. Le narrateur nous raconte ses péripéties alors qu'il est en cavale et nous avons accès à quelques-unes de ses pensées. Nous visitons aussi son passé à quelques reprises et, avec son histoire, nous arrivons à comprendre les raisons de ses comportements déviants et barbares. C'est sanglant, mais ce n'est pas sans signification: il y a toute une histoire, un vécu derrière ces gestes posés. Les petits mots coincés sous la peau et les tatouages sur le corps de chacune des victimes, ces indices laissés par le meurtrier en série, aideront Martel et son équipe à lui mettre la main au collet. Et, alors que nous croyons que son identité est révélée plusieurs pages avant la fin du bouquin, l'auteur nous surprend avec un beau retournement de situation. Nous ne sommes pas au bout de nos peines!

La trame de fond se maintient autour du monde de la lutte au Québec. L'auteur lève le voile sur les pratiques violentes du métier tout en bien dosant la quantité d'informations transmises. Quoique ce thème est plus présent à certains moments dans le texte, il reste en arrière-plan. Il n'est donc pas nécessaire d'aimer ce sport pour apprécier le roman à sa juste valeur. 

Ce livre est à l'image d'un esprit vif puisque tous les détails sont pensés, jusqu'à l'endroit où sont abandonnés les corps. De plus, le texte regorge de jeux de mots brillants, surtout dans les échanges entre l'enquêteur Martel et le suspect. Humour noir et jeux de mots semblent bien coller à la peau de cet auteur qui manie le langage avec agilité. Un suspense dans lequel le tueur se promène d'un coin à l'autre du Québec; palpitations garanties.

Écorché par la vie, l'enquêteur Xavier saura-t-il résister à l'appel de la vengeance? Entre victime et suspect, la ligne est mince...

______________________________________________________


Entrevue avec l’auteur

En tant que premier roman, comment as-tu trouvé le travail de réécriture? As-tu trouvé difficile de décider quoi garder et quoi supprimer pour passer d’un roman de plus de 1000 pages à 460 pages?

Oui et non. La première version du Chercheur d’âme comportait 1100 pages, mais je savais dès le départ qu’un tel format risquait de me nuire. Le hasard a voulu qu’à la fin du premier jet je sois en train de lire On Writing, l’essai de Stephen King sur l’écriture. J’ai mis en application la recommandation de William Faulkner qu’il y transcrit : Kill your darlings. On en vient en se relisant à déceler ce qui est essentiel et ce qui a été écrit pour se faire plaisir, en tant qu’auteur. Ensuite, on se fait prendre au jeu et on apprécie chaque occasion de couper quelques centaines de mots. L’idée est de garder en tête que c’est ultimement pour améliorer l’œuvre, pour en conserver le meilleur, qu’on s’inflige autant de sacrifices. 



Avec cette histoire, il est évident que tu as une certaine fascination pour la psychologie et la criminologie. Qu’est-ce qui t’intrigue tant sur ces deux sujets et sur le côté sombre de l’être humain? 

J’écris sur la psychologie criminelle parce que la façon de penser du criminel (qu’il soit assassin, membre d’un gang ou simplement quelqu’un de violent) est très loin de ce que je suis. Je me suis intéressé il y a 20-25 ans aux tueurs en série parce que j’étais (et je le suis encore) fasciné par le fait qu’un être humain puisse en venir à commettre des gestes qui dépassent l’entendement, des gestes que l’empathie doit nous empêcher de commettre. Je suis intéressé à savoir ce qui façonne l’esprit – ou ce qui le détruit… – au point que quelqu’un en vienne à poser des gestes qui sont si loin de ce qu’est l’humain moyen.

En entrevue à la radio, une animatrice m’a demandé, d’emblée : « Êtes-vous quelqu’un de gentil, dans la vie? » Oui, et c’est justement pour ça que je veux explorer des esprits qui se situent à des années-lumière de ce que je suis. La littérature sert aussi à ça : à se mettre à la place de l’autre, et ça implique d’entrer dans l’esprit de quelqu’un de tourmenté, très souvent. 



Le roman recèle d’humour noir, ce que j’ai adoré d’ailleurs. Dans la vie, as-tu le même genre d’humour que tes personnages?

Tout à fait. Les gens qui me connaissent bien ont reconnu, dans cet aspect de la narration ou de la personnalité de l’enquêteur Xavier Martel, une portion très personnelle, qui me ressemble. J’adore l’humour, parce qu’il nécessite du rythme, il nécessite qu’on pèse les mots, qu’on retravaille la phrase, qu’on économise les mots, mais aussi parce qu’il exige qu’on surprenne le lecteur avec de l’inattendu. Je déteste l’humour facile. Ce que j’aime de l’humour noir, du sarcasme, c’est qu’il fasse un peu grincer des dents. Les remarques caustiques que font les personnages dans le roman, je pourrais les faire moi-même dans des discussions avec des gens de mon entourage. C’est sans doute un des rares éléments autobiographiques du roman, d’ailleurs. 



Peut-on souhaiter tenir dans nos mains une série mettant en scène l’enquêteur Xavier? 

Personnellement, j’envisage cinq romans mettant en scène le personnage de Xavier Martel, parce que c’est quelqu’un qui a de la substance, à qui j’ai donné assez d’épaisseur pour que quelques romans soient nécessaires pour qu’on en fasse le tour. Le Chercheur d’âme, c’est un roman dans lequel on trouve une enquête « fermée », qui est bouclée à la fin du roman – la traque d’un tueur en série ; mais c’est aussi un roman dans lequel on voit Xavier Martel avec ses défauts et ses qualités, qui font en sorte qu’il se met dans le pétrin… Et c’est cette intrigue parallèle – celle qui concerne la vie personnelle de Martel – qui va traverser dans les autres romans. 



Pour les gens qui aiment bien ton roman, quelles autres lectures québécoises, dans la même veine, est-ce que tu leur suggèrerais?

Les romans de Martin Michaud qui mettent en scène Victor Lessard, pour le rythme. Les romans de Benoît Bouthillette, pour la qualité exceptionnelle de l’écriture – parce qu’écrire du polar, ce n’est pas qu’une question d’intrigue ; il y a aussi le style, l’écriture, et trop d’auteurs, à mon avis, écrivent sans relief sous prétexte que les littératures de genre ne se prêtent pas à des envolées stylistiques. 

Je pourrais suggérer aussi quelques romans (plus difficiles à trouver, peut-être) de Michel Châteauneuf, pour leur côté subversif, pour leur propension à explorer des zones qui mettent mal à l’aise. 



Merci à Steve Laflamme   
pour cette descente aux enfers



15/11/2017

Veux-tu dîner avec moi? - Maxime Morin

Certains ne méritent pas une seconde chance…

Maxence Verlomme a récemment vu sa vie s’effondrer. Il y a trois mois, sa carrière de flic s’est brisée avec l’annonce du cancer de sa femme. Pour vivre ses derniers instants avec elle, il a dû abandonner sa traque du Marchand de sable, un tueur en série activement recherché.

Ayant enterré Marion le matin même, l’homme se réveille, quelques heures plus tard, prisonnier d’un autobus fuyant la capitale.

Deux ravisseurs, neuf otages. Lorsque le premier captif est ramené sain et sauf à son domicile par ses bourreaux, plutôt que de profiter de sa liberté, il préfère se tirer une balle en pleine tête. Dès lors, chacun comprend que le danger ne se trouve pas à l’intérieur du bus, mais bien à l’extérieur.

Un road trip macabre où chaque arrêt se révèle fatal. Et quand les affres du passé resurgissent, le compte à rebours est déjà lancé, ne laissant à Verlomme que peu de temps pour découvrir le lien qui les unit tous. À la fin du voyage, la rédemption. Ou bien la mort.

Éditeur: de Mortagne
Genre: Thriller
Parution: Octobre 2017








Maxence vit une journée difficile: il vient d'enterrer sa femme, son pilier, et il se retrouve prisonnier à bord d'un bus avec huit autres personnes. Ses réflexes d'ex-policier se réveillent aussitôt: il doit dénicher ce qu'ils ont tous en commun pour espérer s'en sortir vivants. Après quelque temps de captivité, certains commencent à se rebeller, à s'exprimer et à vouloir en finir alors que d'autres sont plus résignés et soumis. 

Quant à Maxence, malgré le fait qu'il a tout perdu, il ne perd pas espoir et se bat pour survivre et sortir de ce pétrin. L'auteur nous le décrit comme une bonne personne: altruiste, il pense à la sécurité des autres passagers avant de tenter quoi que ce soit. Les ravisseurs semblent nerveux puisque cela ne se passe pas exactement comme prévu. Mais qui sont-ils et, surtout, que leur veulent-ils? Malgré tous les efforts de Maxence pour découvrir le fin de l'histoires, la surprise n'est que totale! 

Dès le début, plusieurs éléments retiennent notre attention et il n'en faut pas plus pour embarquer dans cette aventure à pieds joints. Pour ce premier roman, Maxime Morin frappe fort. Le scénario est juste démentiel et le dénouement est surprenant, déstabilisant. Jamais, je n'aurais pu m'y attendre. Jamais, la solution ne m'a effleuré l'esprit. C'est un joli tour de passe-passe de la part de l'auteur. 

Les découvertes stupéfiantes, d'une ligne à l'autre, alternant entre le présent et les souvenirs de la vie personnelle de Maxence maintiennent une certaine tension jusqu'au coup final. D'ailleurs, ce personnage fait preuve de bonne volonté alors qu'il doit passer par-dessus ses préjugés et ses valeurs pour pouvoir s'aider, lui et les autres. La fin me fait rager: c'est cruel de finir comme ça. Il faut connaître le dénouement des personnages, avoir une situation finale qui nous apaise un peu! C'est un scénario rafraîchissant mélangeant suspense, horreur et science-fiction avec brio. 


pour ce délicieux moment


    

10/11/2017

Wonderland - Jennifer Hillier

Vanessa Castro pensait avoir fait le choix de la tranquillité en rejoignant les forces de police de Seaside, sur la côte ouest des États-Unis. Mais quand des employés du parc d’attraction qui fait la fierté de la ville, Wonderland, disparaissent les uns après les autres, elle comprend que le parc est loin d’avoir livré tous ses secrets. Et qu’elle a peut-être jeté sa propre famille dans un piège diabolique. Car à Wonderland, les attractions peuvent être véritablement mortelles.

Éditeur: Hugo&Cie
Genre: Policier
Parution: Novembre 2016








Vanesse est un flic qui n'a pas froid aux yeux et son arrivée récente amène un coup d’œil neuf à d'anciennes et présentes enquêtes: elle n'a pas peur d'agir et cela fait énormément avancer les choses. Wonderland est un roman policier, mais plus que ça encore: il y a beaucoup de scènes familiales. Le lecteur est constamment plongé dans l'émotion avec les disparitions des adolescents, les conflits et les secrets familiaux, notamment dans le cas de Vanessa et de de sa fille. Cela peut autant jouer en la faveur du roman qu'en sa défaveur. 

Puisque je m'attendais à ce que le scénario bouge un peu plus, j'aurais aimé qu'il y ai un peu plus d'action; être angoissée et sur le bout de ma chaise tout au long du roman. L'ambiance est sombre, certes, grâce au décor de Wonderland, du manque de lumière et de l'endroit mystère, mais il manque une certaine constance dans la tension qui est plus présente dans les dernières pages. De l'autre côté, les secrets des personnages et leurs démons apportent une autre dimension. Il y a beaucoup d'évolution dans les relations personnelles, autant au niveau amoureux que familial. C'est un des aspects que j'ai rarement vu aussi bien exploité dans un roman de ce genre. Chaque personnage a une lourde histoire à raconter que l'auteure glisse au fil des pages pour nous faire comprendre leurs faits et gestes. La psychologie de chacun d'entre eux est très bien forgée et étayée. De plus, la complexité des liens entre les personnages et la logique qui réside derrière tout ça sont la preuve d'un grand travail de la part de l'auteure. 

L'intrigue est très bien ficelée puisque, malgré mes nombreuses hypothèses, je n'ai pas pu découvrir l'identité du tueur en série. L'auteure nous amène à se poser des questions alors qu'un personnages mystère et silencieux fait son apparition et, encore une fois, la surprise est totale. Stupéfaction garantie! 



Merci à Hugo&Cie  
pour cette belle lecture




07/11/2017

Les contes interdits - Blanche-Neige - L.P. Sicard

Une femme coupable d’un crime dont elle n’a plus souvenir.

Une évasion vers une forêt où la noirceur ne vient jamais seule.

La découverte d’un manoir abandonné aux secrets bien cachés.

Des bougies qui s’éteignent, des ombres qui se lèvent, des objets qui se déplacent d’eux-mêmes.

Et des coups qui résonnent contre la porte, avant d’être défoncée…

Éditeur: AdA
Genre: Suspense horrifique 
Parution: Septembre 2017










Dès le premier chapitre, j'ai dû m'accorder une petite pause: la scène décrite est crue et sans détour. L'endroit, l'ambiance, ainsi que les émotions et la fragilité de la jeune Émilie nous la fait prendre aussitôt en pitié. On se met aisément dans sa peau et on la sent plus que désemparée. Son histoire, celle d'être internée pour un crime dont elle n'a aucun souvenir au point où elle croit que tout cela n'est qu'une erreur, nous intrigue au plus haut point. 

Des choses étranges se produisent dans le bois à proximité de l'asile. Est-ce l'endroit qui est ensorcelé ou est-ce l'imagination débordante d'Émilie qui invente des scénarios aussi invraisemblables qu'ils puissent paraître? L'ambiance est de forte intensité, surtout au manoir autour duquel les situations deviennent plus macabres et angoissantes. Émilie est sûre de ce qu'elle voit, mais c'est absolument le contraire pour nous: tout éveille nos soupçons. Et, malgré le caractère osé du texte, nous avons cette envie d'en vouloir plus encore, de découvrir la vérité et on finit, finalement, par se perdre autant qu'Émilie au fur et à mesure que le récit avance. Est-ce que tout ce qui se passe est la triste réalité?

Évidemment, dans cette réécriture de Blanche-Neige, l'auteur utilise à sa façon les éléments vedettes du conte (maison abandonnée, les sept nains, la sorcière et la communication avec les animaux). La fin nous laisse pantois, ahuris et même déboussolés tellement qu'elle est surprenante. Elle reste ouverte et, sur le coup, je crois que c'est ce qui m'a le plus déstabilisée. Après avoir pris un certain recul et du temps pour y réfléchir, tout s'est imbriqué. Je crois avoir assemblé le casse-tête, trouvé un scénario plausible, dans la mesure du possible. L'intrigue est ficelée de manière brillante, ingénieuse. 

La façon de narrer de Louis-Pier Sicard illuminent le récit; ses mots sont d'une grande beauté dans un monde si noir. Son côté poétique transparaît dans ses phrases et l'histoire coule d'elle-même, avec un petit quelque chose d'unique. Pour bâtir un tel scénario, il faut être doué et allumé pour que tous les éléments aient du sens entre eux. La lecture n'est pas toujours facile, mais elle est à cent pour cent captivante. Une lecture pour un public qui n'a pas froid aux yeux!


Merci à AdA   
pour ces frissons




01/11/2017

Bilan du mois - Octobre 2017


                                                                    


Mes préférés
Le potager - Marilyn Fortin (X)

L'avis mitigé du mois: ---

Autres lectures agréables du mois:
Tout pour plaire - Maryse Peyskens (X)
La première fois - Maryse Peyskens (X)
Le chercheur d'âme - Steve Laflamme (X)
Je t'aime... moi non plus - T1 - Illusions - Catherine Bourgault (X)
Calendar girl - T10 - Octobre - Audrey Carlan (X)




Bilan du mois: X





Achat:
Les contes interdits - Peter Pan - Simon Rousseau

AdA:
Les contes interdits - Blanche-neige - L.P. Sicard

De Mortagne:
Veux-tu dîner avec moi? - Maxime Morin

Hugo&Cie:
Calendar girl - T10 - Octobre - Audrey Carlan 

Virgolia Communication:
Chez Gigi - T2 - Tout pour le rock n' roll - Rosette Laberge

Cadeaux partenaires:
Les aventures de Charlotte Holmes - T2 - Le dernier des Moriarty - Brittany Cavallaro (PKJ - Interforum Canada)
Danger! Ma belle-mère débarque - Catherine Bourgault (Les éditeurs réunis)


31/10/2017

Calendar girl - T10 - Octobre - Audrey Carlan


Mia revient à Malibu, la ville où elle a choisi de vivre. Sa dette est payée et son ex n’est plus une menace. Elle n’a plus besoin d’être escorte. Maintenant, elle veut faire quelque chose pour elle, quelque chose qui lui plaise. Son job ? Bosser pour le docteur Hoffman, célèbre médecin gourou de la télé. Ce type est connu pour être rusé, beau et pour avoir une vie saine.

Dans cette ville où tout est faux, où la plupart des filles sont des poupées Barbie siliconées, Mia va devoir trouver de vraies beautés, la beauté. En réalité, elle trouvera bien plus, pour elle et pour l’homme qu’elle aime.

Éditeur: Hugo&Cie
Genre: Érotique
Parution: Octobre 2017







Cette série me donne l'impression d'être dans une montagne russe avec ses hauts et ses bas. Ce tome-ci fait une petite remontée après le tome de septembre qui m'avait, disons-le franchement, un peu déçue. Premièrement, je me souviens m'être plaint, le mois passé, de la froideur de Millie, la tante de Mia. Ce mois-ci, c'est tout le contraire. Elle semble avoir trouvé une certaine fibre maternelle envers sa nièce: elle est douce et exprime sa fierté envers elle, tout en gardant quand même son côté autoritaire. J'aime beaucoup la personne qu'elle est devenue au fil des tomes, en espérant que son indifférence ne revienne pas au galop!


Grâce à certains objets qu'elle redécouvre, de retour au bercail, Mia nous fait part de quelques-uns de ses beaux souvenirs avec sa mère, Wes et Maddy. Mais, comme tout n'est pas rose, de grands chamboulements l'attendent et elle doit passer par-dessus ses ressentiments pour aider deux personnes de son entourage. Sa grande maturité l'amène à penser aux bienfaits et aux probables répercussions positives plutôt qu'aux sentiments qui font surface en elle. 

Sans rentrer dans les détails, je dirai que l'auteure nous plonge dans les méandres de l'enfer en levant le voile, par petites bribes, aussi sordide que cela puisse être, sur ce que Wes et son équipe ont traversé. C'est un tome plus sérieux dans lequel les personnages essaient de panser leurs blessures, guérir leurs traumatismes. Parce que la vie continue malgré tout, on les voit se débattre contre leurs démons. Encore une fois, nous pouvons observer une grande solidité encore les personnages, un désir accru d'aider les autres. Ils pensent chacun au bonheur de l'autre et, parfois, à leur propre détriment. Les liens, déjà forts au départ, se soudent de plus belle. 

Ce tome regorge de chaudes scènes de sexe. Encore et encore. Je crois d'ailleurs que c'est le volet qui en contient le plus. Par contre, on découvre ici une fougue nouvelle, une intensité féroce entre les personnages. Des moments torrides à un plus haut niveau encore, démesurées. Au niveau personnel, Mia trace son chemin. La fin approche et ça se sent: l'auteure prépare tranquillement le terrain pour boucler la boucle. Les sphères de la vie de Mia se façonnent de plus en plus et nous pouvons avoir une petite idée de ce que l'avenir lui réserve. Plus que deux derniers tomes avant de dire au revoir à ces personnages.


Chronique du mois de janvier: X
Chronique du mois de février: X
Chronique du mois de mars: X
Chronique du mois de avril: X
Chronique du mois de mai: X
Chronique du mois de juin: X
Chronique du mois de juillet: X
Chronique du mois d'août: X

Chronique du mois de septembre: X


Merci à Hugo&Cie 
pour cette belle suite