21/11/2016

La fois où... j'ai suivi les flèches jaunes - T1 - Amélie Dubois

Mali Allison a récemment balancé sa vie en l’air afin de devenir écrivaine. En ce moment, bien que son éditeur attende avec impatience qu’elle lui déballe l’idée du siècle pour son prochain roman, c’est le vide. Le grand néant littéraire. 

« Tu penses trop, Mali ! » ne cessent de lui répéter sa petite voix intérieure ET son chum, avec qui rien ne va plus. Histoire de fuir ses problèmes, Mali s’offre une petite marche de santé mentale de 700 kilomètres sur le mythique chemin de Compostelle, en Espagne. 

Croyant que cette balade bucolique s’avérerait un jeu d’enfant, elle découvre assez rapidement que ce pèlerinage comporte en fait trois défis – physique, moral et spirituel – qu’elle affronte chargée d’un sac à dos rempli de peurs. Outre les lanternes, les chansons de Cabrel, les papas bravas et les selfies devant des églises, l’important reste de suivre les flèches jaunes. 

Mali cherchait des réponses ; elle a plutôt trouvé l’inspiration pour entamer un nouveau chapitre...

Éditeur: Les éditeurs réunis
Distributeur: Virgolia Communication
Publication: Novembre 2016
Genre: Chick-lit / Autofiction 






Dans ce récit, on retrouve ou on rencontre Mali Alison, cette jeune femme faisant parti de la série Chick-lit. Peut-on lire ce livre sans avoir lu la précédente série tant acclamée? Absolument. Je ne l'ai moi-même pas lue et je n'ai eu aucune difficulté à suivre leurs histoires.  On ne ressent pas de non-dits ni d'incompréhensions.

Dans ce roman, nous accompagnons Mali sur le chemin de la Compostelle. Je m'attendais à être plongée dès le départ dans cette aventure et d'y rester tout au long du roman. J'ai été agréablement surprise de voir que l'auteure alterne entre l'avancée de Mali sur la Compostelle et ses souvenirs, des situations qu'elle a vécue avec ses copines. Avec brio, elle nous fait passer du rire à la réflexion. On partage beaucoup de scènes humoristiques avec les filles qui semblent avoir trouvé, ensemble, leur alter-ego tellement elles s'entendent bien; elles partagent le même grain de folie. Sans oublier sa relation singulière, mais particulièrement drôle avec son chat.

Tout au long de son périple, Mali rencontre des gens qui changeront sa vie, sa façon de voir les choses, mais aussi la nôtre. Je pense notamment au petit Philippe: sa grandeur m'a beaucoup émue.  Est-ce qu'on s'attache aux personnages? Absolument, même à ceux qu'on croise en coup de vent. Et on prend un malin plaisir à croire que nous les accompagnons, tout un chacun, dans leur expédition. 

Amélie Dubois a un joli style littéraire. Le livre est bourré d'expressions exagérées et de comparaisons farfelues qui nous mettent inévitablement des images rigolotes dans la tête. D'ailleurs le grand paragraphe sur comment atteindre le bonheur est juste délicieux: humoristique à souhait tout en étant dans la réalité d'aujourd'hui. Il y a beaucoup de passages comiques, mais aussi une panoplie d'émotions partagée: de la tristesse, de la joie intense, de la fierté, de la peur. Ce récit contient un petit côté philosophique, un moment d'introspection, tout en gardant un aspect léger.

Plus tôt cette année, j'ai lu le récit Wild, une histoire vraie sur un périple du même genre et je dois dire qu'il ne m'a pas autant envoûté. La fois où... j'ai suivi les flèches jaunes est un texte magnifique, et le mot de la fin est tout simplement touchant. Bravo pour cette finale! Ce récit me laisse un petit quelque chose, un apprentissage. Il me donne même le goût d'aller y chercher mon propre enseignement et de découvrir de nouvelles personnes. C'est une belle leçon sur la façon d'affronter les situations et sur le regard que nous portons aux autres, mais aussi à soi-même.





Il existe déjà quelques récits et romans sur des périples similaires. Où t’est venu l’idée d’en faire tout de même un, à ta sauce, au goût humoristique ?

En réalité quand je suis partie - moi-même - marcher le chemin de Compostelle à l’été 2015, j’avais mon bloc-notes en main pour rédiger un autre plan de roman… Mais un peu comme le personnage de Mali, l’inspiration pour ce projet ne venait pas. Je me suis donc mise à prendre des notes à propos de ce que je vivais, de ce qui se passait, des gens que je rencontrais. À mon retour, j’ai eu besoin d’écrire ce roman. L’humour fait parti de ma vie, pèlerinage ou pas, c’est tout simplement dans ma nature !

Quel est le message que tu voudrais que les gens retiennent le plus après cette lecture ?

Que faire la Compostelle n’est pas une pilule magique du bonheur ! Loin de là, mais que de prendre du recul face à certains aspects de sa vie aide à y voir clair, à comprendre. Que ce soit en se retirant dans un chalet ou en marchant dans la forêt, la solitude porte souvent ses fruits. Ça aide à se reconnecter à l’essentiel.

Les gens croisés sur la route de Mali, sont-ils des gens que tu as toi-même croisés, en sont-ils inspirés ou sortis tout droit de ton imagination ?

Un peu, peut-être ou peut-être pas… Voici ici l’avantage de l’autofiction, où l’écrivain entremêle la réalité et la fiction. Je suis la seule à détenir les clés de réponses !

À combien évaluerais-tu le pourcentage de faits/ personnes véridiques que contient ce récit ? 

Je me suis grandement inspirée de mon propre chemin, mais dans quelle proportion ? Hum… est-ce vraiment si important ? ;)

Pendant ton périple aimais-tu écouter de la musique comme Mali ? Si oui, quelle était tes chansons de prédilection ?

Oui, les chansons que Mali écoute étaient aussi les miennes ; Cabrel et Simon & Garfunkel (entre autres) ont rythmé mes pas, à plusieurs reprises, surtout lorsqu’il faisait plus de quarante degrés !



pour ce beau récit            
et à Amélie Dubois pour son temps
        

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